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Les nouveaux défis des responsables qualité

Adria Développement organise, les 2 et 3 avril prochains à Rennes, le 12e rendez-vous des managers de la qualité. Deux jours dédiés à une profession habituée à relever de plus en plus de challenges. Qui est donc le responsable qualité idéal ? Exhaustif, curieux, pédagogue, convaincant… Il ne doit pas avoir peur des nouveaux défis ! A l’image des neuf salariés du service qualité de Hénaff, seule société française autorisée à exporter de la viande de porc transformée aux Etats-Unis. Depuis les années 90 et l’avènement de la qualité dans l’agroalimentaire, la profession a fortement évolué. Si les postes de responsable qualité étaient il y a encore quelques années attribués à des bac+2, « il y a maintenant davantage de postes ouverts aux bac+5 », constate Véronique Jan, déléguée régionale de l’Apecita Bourgogne. Plus qu’un technicien à même de garantir les certifications de l’entreprise ou assure la veille règlementaire, les entreprises recherchent des managers capables d’insuffler et de faire vivre la politique qualité de l’entreprise. « Le manager de la qualité doit être visionnaire et valoriser ses équipes », estime Stéphane Mainguené, associé et formateur à l’Atelier du Management. Avec le durcissement des sanctions (loi Hamon) et la complexification de l’environnement règlementaire, il faut aussi des connaissances de juriste, explique Gilles Boin, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles.

Responsable qualité : un manager aux fonctions multiples

Le responsable qualité idéal de 2014 n’est pas celui des années 90. En plus de bons techniciens, les recruteurs cherchent avant tout des managers capables de convaincre et de motiver. Enquête.

Le responsable qualité idéal ? « C’est celui qui permet au dirigeant de dormir sur ses deux oreilles ! » plaisante Jean-Michel Cathala, directeur d’un cabinet de recrutement spécialisé dans l’agroalimentaire. A la lecture des offres d’emploi, on s’aperçoit vite d’une chose : la fonction est complexe. Gestion des réclamations, audits, certifications IFS, BRC, Iso 22000, veille règlementaire…

Le responsable qualité est à l’interface de tous les services en interne et est en relation avec tous les aspects de la production en amont et en aval. De plus en plus, la sécurité et l’environnement font également partie du portefeuille de ses missions.

Pour réussir dans ces fonctions, le bagage technique est bien entendu primordial. Toutes les écoles d’ingénieurs forment leurs étudiants aux bases de la microbiologie, de la toxicologie ou encore à l’hygiène des procédés. Mais est-ce le seul élément indispensable ? Pour les experts la réponse est clairement non. « Tous les candidats que je reçois pour ce type de poste sont issus des mêmes grandes écoles et ont tous les compétences techniques. La différence, c’est le comportement »,  note Jean-Michel Cathala. Sur le terrain, la qualité est très présente dans les entreprises depuis le milieu des années 90. Les opérateurs l’ont maintenant intégrée. Mais elle peut encore être perçue comme allant contre les intérêts des autres services de l’entreprise, notamment la production.

Une nouvelle génération de cadres

« J’ai une certitude : le management est le levier principal de la fonction qualité. Le rôle du responsable qualité, c’est d’entretenir la motivation », explique Stéphane Mainguené, associé et formateur à l’Atelier du Management. « Le directeur qualité, c’est le meilleur vendeur interne. Il doit avoir l’art de convaincre », poursuit Jean-Michel Cathala. Car la fonction a évolué et le poste s’est complexifié. « Un responsable qualité doit être capable de satisfaire tout le monde, en interne et en externe. Etre un expert technique ne suffit plus. La relation à l’autre est primordiale », appuie Stéphane Mainguené. En dix ans, une « nouvelle génération » de cadres a fait son apparition selon lui. « Le responsable qualité doit être légitime. Avant, on prenait le meilleur technicien de l’équipe et on le nommait chef. Mais les compétences techniques ne suffisent plus à être légitime, constate-t-il. Il faut être visionnaire et surtout donner du sens à ses actions pour mobiliser les équipes. »

En travaillant le contenu de leur formation, les professeurs d’AgroParisTech par exemple ont bien pris en compte ce nouvel aspect de la fonction. « Le responsable qualité a souvent l’image de celui qui embête tout le monde. On oublie souvent la dimension managériale. Nous avons donc intégré des modules de cours, sur comment se faire mieux comprendre et comment faire passer efficacement les messages », note Maryvonne Lassalle-de-Salins, responsable de la spécialisation en management de la qualité, ouverte en septembre dernier.

Il faut s’appuyer sur des managers de proximité

Une pression énorme

Dans les entreprises, la qualité a pris de l’importance. « Il y a une pression énorme dans l’industrie agroalimentaire. Le moindre souci qualité nécessite une alerte immédiate », constate Stéphane Mainguené. Et mieux vaut garder la tête froide. Quand Jean-Michel Cathala recrute un directeur qualité, il scrute chez les candidats : « la capacité de faire face lors de moments critiques. Il doit avoir l’art d’anticiper et celui de ne pas paniquer ! » Pour arriver à concilier tous ces aspects, Stéphane Mainguené préconise de s’appuyer sur des managers de proximité au sein de l’entreprise capables de déclencher l’alerte rapidement : « les entreprises qui réussissent sont celles où il y a de l’autonomie sur les lignes hiérarchiques. Il faut que le responsable qualité s’appuie sur des relais managériaux forts sur le terrain, capables de diffuser et de remonter les informations en temps réel. »

Anne-Katell Mousset

 

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